Séminaire "L’âme et le corps, le corps et l’esprit" 2013-2014

Séminaire de recherche animé par André Charrak et Sandrine Roux
Publié le 17 juillet 2013, mise à jour le 12 août 2014

.

L’ÂME ET LE CORPS, LE CORPS ET L’ESPRIT :
PERSPECTIVES CLASSIQUES ET CONTEMPORAINES

Les séances auront lieu le mercredi de 18h30 à 20h,
- au premier semestre : à la Sorbonne, salle Lalande,
escalier C, 1er étage droite, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris
- au second semestre : au Centre Michelet, salle 311, 3ème étage,
3 rue Michelet, 75006 Paris

.

Le problème de la relation entre le corps et l’esprit est un objet de réflexion commun à la philosophie de l’âge classique et à la philosophie de l’esprit contemporaine. S’il est vrai qu’il ne s’énonce pas aujourd’hui dans les mêmes termes qu’au XVIIe siècle, la question philosophique fondamentale n’en demeure pas moins aussi urgente dans les deux contextes : comment le mental et le physique peuvent-ils avoir une action l’un sur l’autre, comme cela semble se produire dans le cas du mouvement volontaire ou de la perception ?
L’objectif du séminaire est d’analyser les données du problème corps-esprit dans ses versions classique et contemporaine, et de mesurer ainsi la distance qui sépare la réflexion philosophique actuelle de celle du XVIIe siècle : qu’y a-t-il de spécifique à chacune de ces réflexions ? Et n’y a-t-il pas, au-delà des différences, des points de convergence importants, attestés par les convocations de Descartes, Spinoza, Malebranche ou Leibniz dans les travaux récents de philosophie de l’esprit, et qui appellent une mise en rapport plus systématique des perspectives classiques et contemporaines sur la relation corps-esprit ?

.

• PROGRAMME DU SÉMINAIRE
pour l’ année 2013-2014

*PREMIER SEMESTRE

- mercredi 4 décembre 2013, 18h30-20h :
Lisa SHAPIRO (Simon Fraser University)
How we experience the world :
Descartes on the distinction between sensations and passions

...I aim to show first that Descartes incorporates an affective or emotional dimension into sense perception. However, I want to note that what I will argue regarding Descartes is also true of many philosophers of the 17th and early 18th century (if not most of the ones that we attend to today). They do not subscribe to the Familiar Account, and one topic that interests me is the variation in their accounts of our multi-faceted accounts of our experience of the world. Another topic is what philosophical reasons drive the move from the accounts of the early moderns to the model that is now so familiar. To this second topic, I want also to pinpoint some challenges for Descartes’s account. These challenges will emerge in considering how he can draw a distinction between sensations and passions, properly speaking. .

Discussion : Denis KAMBOUCHNER (Université Paris 1)

Sorbonne, salle Lalande

.

* DEUXIÈME SEMESTRE

- mercredi 22 janvier 2014, 18h30-20h :
Raphaël PIERRÈS (Université Paris 1)
Intériorité physique et intériorité mentale.
Une relecture contemporaine du débat entre Hobbes et Descartes.

...La critique de Descartes – récurrente dans la philosophie de l’esprit contemporaine – est intéressante et féconde pour autant qu’elle ne porte pas sur un épouvantail, mais sur des textes concrets. Pire, à méconnaître les débats dans lesquels cette position s’inscrit, le risque encouru est de rejouer sans fin le même dialogue, ou ses échos affaiblis et réduits. Le but de mon intervention est d’abord d’aider à la compréhension de la position cartésienne en la situant dans le débat avec Hobbes. Au-delà, je chercherai à montrer en quel sens cette rivalité entre Hobbes et Descartes peut être tenue pour une matrice décisive du problème corps-esprit. J’étudierai tout spécialement un point technique qui me paraît crucial dans une perspective contemporaine : le rapport entre intériorité mentale et intériorité physique. .

Centre Michelet, salle 311 .

- mercredi 19 février 2014, 18h30-20h :
Ronan DE CALAN (Université Paris 1)
"Psychologus nemo, nisi physiologus",
Johannes Müller et l’invention de la psychophysiologie

...Dans sa dissertatio de 1822, le physiologiste Johannes Müller avance une thèse dont l’impact sur la science de son temps ne saurait être sous-estimé : « nul ne peut être psychologue sans être physiologiste ». En s’appuyant sur la recherche récente (notamment les travaux de Gerhard Scharbert), on tentera d’établir que la psychophysiologie, qui trouve ici son acte de naissance, reprend un agenda particulier : celui de l’Idéologie physiologique de Pierre Jean Georges Cabanis, dont l’avenir était nettement compromis en France par l’opposition systématique de Napoléon à l’Idéologie, puis par la Restauration. Dans la droite ligne de cet agenda, on veut donc montrer comment cette psychophysiologie conduit à reformuler sur une base positive des thèses empiristes et à déplacer sur un nouveau terrain, celui de la connaissance, le fameux mind-body problem qui jusqu’ici n’avait donné lieu qu’à des options métaphysiques incompatibles entre elles. .

Centre Michelet, salle 311 .

- mercredi 19 mars 2014, 18h30-20h :
Chantal JAQUET (Université Paris 1)
Changeux, Damasio, Atlan, ou les usages contemporains
du modèle spinoziste des rapports corps/esprit en neurobiologie

...La conception spinoziste des rapports entre le corps et l’esprit est souvent présentée comme un modèle et une référence dans la biologie et la neurobiologie contemporaines. Jean-Pierre Changeux se place ainsi sous l’égide de Spinoza aussi bien dans son ouvrage L’homme neuronal que dans son dialogue avec Paul Ricoeur Ce qui nous fait penser. La nature et la règle. Antonio Damasio récuse la théorie cartésienne de l’union psychophysique au profit de la doctrine de l’auteur de l’Ethique dans son livre Looking for Spinoza, traduit en français sous le titre, Spinoza avait raison. Tout en se démarquant de Changeux et Damasio, Henri Atlan, à son tour, dans les Etincelles de hasard II, s’inspire de la pensée de Spinoza pour concevoir un monisme psychophysique qui ne soit ni idéalisme ni matérialisme. Il s’agira donc de comprendre les raisons pour lesquelles Spinoza est convoqué par les neurobiologistes à l’appui de leurs théories et d’examiner la portée et la pertinence des différents usages contemporains de sa conception des rapports corps/esprit. .

Centre Michelet, salle 311

- mercredi 2 avril 2014, 18h30-20h :
Steven NADLER (University of Wisconsin-Madison)
L’esprit et le corps chez Louis de La Forge : Un guide pour les égarés

...On tient souvent pour acquis que le philosophe Cartésien Louis de La Forge, médecin à Saumur, est occasionnaliste, et qu’il serait même le premier à avoir défendu cette doctrine de manière approfondie et complète. On le considère habituellement comme celui qui a affirmé, dans son Traité de l’esprit de l’homme (1666), que Dieu est le seul véritable agent causal de l’univers, et que les esprits finis et les corps sont dépourvus de toute efficacité causale. En réalité, l’étendue de l’occasionnalisme de La Forge n’est pas si évidente, et ses textes sont à cet égard plutôt déroutants. Dans cette communication, nous chercherons, par différentes voies, à comprendre les thèses de La Forge sur la causalité, pour aboutir probablement à la conclusion qu’il est impossible de déterminer exactement quelle était sa position. En somme, ce "guide pour les égarés" pourrait bien s’achever sur une note de perplexité. .

Centre Michelet, salle 311

- mercredi 30 avril 2014, 18h30-20h :
Fabrice JOUBARD (Paris)
Le bébé deleuzien. Revisiter le problème corps/esprit avec Deleuze

...Il est courant de réduire le problème corps/esprit à la relation entre le corps biologique et la conscience ou l’intentionnalité. La question est bien connue : l’esprit, pensé en ce sens, est-il réductible à des mécanismes neurophysiologiques, ou bien est-il quelque chose de plus que le cerveau ou le corps des neurosciences ? En s’appuyant sur les analyses de Deleuze dans Logique du sens, il est possible de considérer que le problème est ici mal posé, dans la mesure où il laisse de côté une dimension essentielle de l’esprit aussi bien que du corps, sans laquelle on ne peut penser adéquatement leur relation – en l’occurrence, la genèse de la « pensée pure » à partir d’un corps conçu comme corps érogène. Il convient sur ce point de s’attacher aux premières années de la vie de l’être humain, et plus particulièrement à ce moment où survient, ou ne survient pas, le « saut sur place » avec lequel se constitue la dimension de la « pensée pure », irréductible à l’ordre des causes physiques.

Centre Michelet, salle 311 .

- Attention, séance annulée :

mercredi 21 mai 2014, 18h30-20h :
Sandrine ROUX (Université Paris 1)
Le physicalisme à l’épreuve des qualia

- Séance supplémentaire :

mercredi 28 mai 2014, 18h30-20h30 :
Jean-Pierre CHANGEUX
Professeur honoraire au Collège de France et à l’Institut Pasteur,
Membre de l’Académie des sciences

L’âme et le corps pour le Descartes du Traité de l’Homme
et la neuroscience aujourd’hui

Lieu : Sorbonne, Amphithéâtre Lefebvre
(Galerie Jean-Baptiste Dumas, escalier R, 1er étage ;
entrée par le 1, rue Victor Cousin, ou par le 14, rue Cujas).

.

Séminaire organisé par le CHSPM et le CERPHI

.

• ARCHIVES DU SÉMINAIRE
‘L’ÂME ET LE CORPS, LE CORPS ET L’ESPRIT :
PERSPECTIVES CLASSIQUES ET CONTEMPORAINES’

- 2012-2013
- 2011-2012


calle
calle
calle